Archive pour la catégorie ‘nécrologie’

Disparition d’un prix Nobel de Médecine

Samedi 27 avril 2013

Le 19 avril 2013 nous quittait un grand chercheur en biologie français récompensé du prix Nobel de physiologie ou médecine en 1965. Cet humaniste d’origine juive fut  par ailleurs Compagnon de la Libération. En 1939 il épousa la pianiste Lise Bloch, avec qui il eut quatre enfants : Pierre, qui devint philosophe, les jumeaux Laurent et Odile (la future fondatrice des éditions Odile Jacob), et Henri. Veuf, il se remarie avec le docteur Geneviève Barrier, fondatrice du SAMU à Paris. Auteur de nombreux articles scientifiques et de plusieurs ouvrages, notamment un essai, La Logique du vivant (1970), qualifié par le philosophe Michel Foucault de “plus remarquable histoire de la biologie jamais écrite”. François Jacob est décédé à l’âge de 93 ans après une vie pleine de récompenses diverses digne de l’envergure de ce natif de Nancy membre de nombreuses académies scientifiques étrangères et docteur honoris causa de plusieurs universités de par le monde.

Images de la semaine selon Nalair

Dimanche 14 avril 2013

Il est bien évident que l’événement de la semaine fut la disparition de Margaret Tatcher qui n’a pas manqué de soulever des polémiques.

Le père de la fécondation in vitro meurt dans son sommeil

Vendredi 12 avril 2013

Le biologiste britannique Robert Edwards avait obtenu le prix Nobel en 2010 à l’âge de 85 ans pour avoir permis la naissance de 4 millions d’humains grâce à une technique révolutionnaire et à ses travaux. Il avait mené ses recherches conjointement avec le gynécologue Patrick Steptoe, lui-même décédé en 1988. En effet le 25 juillet 1978 Robert Edwards  a donné naissance à Louise Brown, le premier bébé éprouvette,  et ouvrait ainsi la voie à une pratique qui a permis à des milliers de couples stériles d’avoir enfin un enfant. Le Prix Nobel co-pionnier de cette véritable révolution scientifique est mort le 10 avril paisiblement dans son sommeil, des suites d’une longue maladie à l’âge de 87 ans.Cette pratique sur la manipulation d’embryon  humain a posé à l’époque une farouche opposition, posant de véritables problèmes éthiques. «Peu de biologistes ont eu un tel impact sur l’humanité», a déclaré mercredi Peter Braude, professeur d’obstétrique et de gynécologie au Kings College à Londres. Pour Robert Edwards père cinq fois : «Rien n’est plus précieux qu’un enfant», et il avait continué et persisté malgré le dénigrement. Nombreux sont ceux qui a ce jour doivent le pleurer et qui sans lui n’auraient pas vu le jour.

Maggie a enfin trouvé sa maîtresse…

Mardi 9 avril 2013

Quant on vous apprend les derniers jours ou le décès de quelqu’un, on est pas habitué à tirer sur l”ambulance  mais dans ce cas on a une furieuse envie de tirer sur le corbillard. La bien séance mêlée à la langue de bois veut que les nécrologies aient tendance à encenser la ou le mort. Ce réflexe, très judéo-chrétien pour ne pas dire crétin, veut qu’il faille absoudre la personnalité, au terme de sa vie. Trop facile d’entre victime d’amnésie, face à un cercueil. Les animosités, qu’on fait naître certains politiques se comportant comme des ordures en abusant de leur pouvoir, ont la vie dure. Les dictateurs se souvent des procès que l’on a pas eu le temps de leur intenter. Pourtant certains d’entre eux, ces dernières années, ont fini par où ils avaient pêché, la violence. Maia la violence verbale est elle réprimée au même titre ?. Mme Tatcher osait tout, alors pourquoi s’en priver? Renaud avait fait une chanson fort bien sentie sur Magaret Tatcher de son vivant. Dans Miss Maggie, tous les couplets se terminent par : “A part peut être Mme Tatcher…ou,  A part bien sûr Mme Tatcher… ” et il concluait par une merveilleuse chute jouissive pour tous les mineurs anglais qui n’ont pas pu l’oublier  :

“Moi je me changerai en chien si je peux rester sur la Terre

Et comme réverbère quotidien

Je m´offrirai Madame Thatcher”

Voilà qui est fait.  Comme le disait Brassens : Le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con…con caduc ou con débutant, petits con de la dernière averse, ou vieux con des neiges d’antan.  Maggie n’a pas eu droit a des obsèques nationales et ce n’est pas dommage ! La Dame de fer n’a pas laissé que de bons souvenirs et son arrogance n’a pu être oublié. Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est vraiment too much. Il y a peu, il pleurait Chavez et  aujourd’hui il tire sur le corbillard  de la Dame de fer. Dans un tweet assassin, il dit qu’elle va “découvrir en enfer ce qu’elle a fait aux mineurs gallois”. On a du mal à le blâmer  même si l’on sait très bien que l’enfer est sur terre pour tous ceux qui subissent les affres du pouvoir.  Avec de tels propos, nous sommes loin de la formule de Jean Yanne, à prendre au second degré, que l’on pourrait utiliser quand on vient de passer de vie à trépas :” tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”. Franchement en ce qui concerne Mme Tatcher je pense que sans médire aucun de ces qualificatifs ne peut lui être appliqué.

La mort d’un ténor du barreau qui laisse sans voix

Mardi 19 mars 2013

Le dimanche 17 mars est retrouvé Me Olivier Metzner, flottant au large de son île privée du golfe du Morbihan. Une lettre laissée par le défunt parle de suicide et cette thèse est confirmée après autopsie du corps de l’avocat. A 63 ans disparait dramatiquement  un ténor du barreau  spécialisé  dans la défense  de petits et grands truands. Cet avocat hors pair était passé maître dans l’art de l’annulation pour vice de procédure. Avocat flamboyant du monde des affaires il avait pour clients, des politiques, des banquiers et des grands patrons. Il avait su grâce à un caractère bien trempé conserver, malgré la puissance de ceux qui l’employaient, son indépendance, mais c’était fait de nombreux ennemis au cours de sa prestigieuse carrière.  Ce normand  solitaire et secret était resté célibataire et sans enfant consacrant tout son temps et son énergie à ses dossiers épineux. Homme médiatisé nous l’avions vu défendre Jérôme Kerviel, Bertrand Cantat ou Manuel Noriega en passant par Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream. Sa disparition laisse bon nombre de ses confrères sans voix et des dossiers sans défense.

Comès victime de la loi du Silence

Vendredi 15 mars 2013

Didier Comès victime de la loi du Silence trop tôt. C’est à seulement 71 ans que l’auteur de la célèbre BD Silence, qui l’a rendu célèbre en obtenant le prix du festival d’Angoulême  en 1981, vient de nous quitter. Homme discret, il se tenait à l’écart de la frénésie des fanatiques et des machines à bulles de notre époque. Ce belge ne dérogeait pas à la tradition en dessinant, mais à l’origine son trait était plus industriel. C’est en fréquentant le monde de la BD de ses Ardennes natales qu’il s’est petit à petit converti au 9e art et décida de s’y consacrer vraiment à partir de 1969. Faisant partie de l’équipe de A Suivre où il commença à publier régulièrement ses pages de Silence entre autres,  il travailla aussi pour Spirou et Pilote. Comès avait plusieurs cordes à son arc, et son violon d’Ingres c’était d’être percussionniste de Jazz. Cet homme rare considéré comme un incontournable de la BD avait un trait Noir et Blanc qui faisait, non sans raison, penser à Hugo Pratt.

Il lui faillait pas moins de deux à trois ans pour peaufiner ces narrations d’un monde sombre et occulte, plein de sorciers et de rebouteux tout droit sortis de la campagne profonde.  Depuis peu, Didier Comès est entré de plein pied dans le monde du Silence, celui qu’il affectionnait par dessus tout.

Obsèques d’Hugo Chavez

Samedi 9 mars 2013

Le Venezuela retenait son souffle et le monde regarde une trentaine de chefs d’Etats faire une garde d’honneur à Hugo Chavez pour un ultime hommage tiré au cordeau. Du reste on ose plus parler de lui au passé, il sera toujours là pour veiller sur son peuple dont l’opposition déjà à mi mots dénonce une violation de la Constitution dans le fait que le dauphin désigné, Nicolas Maduro, prenne l’intérim de la présidence à la place du président de l’Assemblée normalement. Comment peut-on encore, en prise à l’émotion et sans craindre des réactions incontrôlées, parler politique au beau milieu de l’enterrement d’un opposant. Les médias du monde entier couvrent l’événement. Une seule ombre au tableau la venu de son homologue iranien,Mahmoud Ahmadinejad ou de Raoul Castro.

Compte tenu de ses fréquentations pas toujours fréquentables, les dirigeants européens n’étaient bien évidemment pas de la partie. Il n’en reste pas moins, que feu le président Hugo Chavez, à force de gesticulations et fort de son charisme populiste, a su détourner l’attention du monde entier sur sa personnalité hors du commun. Mais déjà l’Amérique latine est dans un futur différent, qui peut conjuguer à la fois péronisme et impérialiste.

Le monde du spectacle doublement endeuillé

Vendredi 8 mars 2013

Le 4 mars disparaissait un des plus fantasques acteur, metteur en scène  d’origine argentine Jérôme Savary. Iconoclaste de génie pour certains, metteur en scène bordélique pour les autres il était avant tout un secoueur de cocotiers d’idées reçues un éventreur de tiroirs. Chacun de ses amis ou ennemis ont une formule pour gratteur de puce comme Jérôme Deschamps, directeur de l’opéra comique. Pour ce dernier  : «C’était un forain, un baladin, un rassembleur, un solidaire, une grande gueule, un truculent, un bon vivant». Voilà, il était tout et son contraire et avant tout un homme de spectacle qui a marqué profondément l’approche du théâtre au XXe siècle. Sa grande force c’est qu’il ne s’interdisait rien. Laissons la formule finale à Galabru  qui déplore  «Cette altération d’un homme charmant, vivant, brusquement transformé en cadavre, c’est inconcevable».

Beaucoup connaisse Mireille Darc, mais René Darc, ça beaucoup moins. Puis on lui colle un titre, “Chercher le garçon” à l’époque des Taxi Girl. Rescapé des années 80 René Darc traine difficilement son spleen de scène en scène souffrant d’un déficit de reconnaissance, la drogue et l’alcool n’arrangeront rien à l’affaire puisque ses excès lui furentt fatales. Il est resté confidentiel pour le grand public plus connu des gens qui fréquentaient le Palace ou le Rose Bonbon au temps de leur splendeur. Cet éternel sursitaire qui s’étonnait sans cesse d’être vivant vient de nous quitter à 53 ans. L’annonce de sa disparition a provoqué une ruée sur certains de ses titres comme «La Taille de mon âme», «Crève cœur» et «Amour suprême», comme quoi la maxime “Un bon artiste et un artiste mort” est plus que jamais d’actualité.

Il avait l’art de s’indigner pour continuer à vivre

Vendredi 1 mars 2013

«La mort est pour moi un grand projet»

S’indigna-t-il une dernière fois face à la Camarde qui venait le faucher trop tôt alors qu’à 95 ans il avait encore tant à faire ? Il avait l’âge où la mort rode est devient un projet du reste il en parlait ouvertement lors d’une interview : «Je considère qu’il ne faut pas vivre trop vieux» confiait-il, «la mort est pour moi un grand projet, je pense que de toutes les expériences qu’on fait dans une vie, l’expérience, peut-être, la plus intéressante c’est la mort. A ce moment là on va voir qu’est-ce qui reste et qu’est-ce qui vient». En octobre 2010 cet ancien diplomate écrit un manifeste “Indignez-vous” qui le fit connaître dans le monde entier et fut traduit en 34 langues. Cet ouvrage, en pleine période de crise, fut comme du pain béni et fit naître le mouvement des Indignés dont les plus célèbres manifestations eurent lieu en France en Espagne et en Grèce. Que dire de plus au milieu de tant de couronnes de louanges? Stépnan Hessel a été résistant toute sa vie et a su s’indigner jusqu’au bout, voilà une belle leçon d’humanité.

Ultime sommet pour Maurice Herzog

Mardi 18 décembre 2012

Le jeudi 13 décembre est décédé à l’âge de 93 ans  Maurice Herzog, Alpiniste et homme politique français.  Il est pour une grande majorité ce que l’on nomme un “héros”. En effet à 31 ans, il fit partie et fut le dernier survivant de l’expédition qui en 1950 vainquit l’Annapurna , 8091m. Il écrivit son aventure et son roman Annapurna 8000 m s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires. Il deviendra ensuite de1958 à 1965 secrétaire d ‘Etat au sport sous Charles de Gaulle. L’actualité  nous l’avait rappelé à notre souvenir, lorsque sa fille Félicité, 44 ans, dénonce les mensonges “de son père en cartes postales”.  Fin août elle sort “Un héros” chez Grasset, un livre qui déboulonne la statue de son père de son piedestal et montre l’autre revers de la médaille, plus intime et moins brillant. Ce héros dont elle parle dans son livre n’est pas celui que l’on croit, ce n’est pas le père, mais le fils mort trop tôt. Heureusement que nous ignorons souvent de quelle étoffe sont drapés nos héros, sans cela où se réfugieraient nos rêves ?