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Cannes c’est aussi “la foire aux commérages”, signé Isabelle Adjani

Mardi 26 mai 2009

alain-resnaisEst-ce vraiment une surprise, ce prix, cousu main, fait sur mesure, qualifié de Prix exceptionnel du Festival de Cannes? Fallait-il consoler Alain Resnais qui, à 87 ans, n’a plus rien à prouver et dit : ” Un film est quelque chose sur lequel on ne réfléchit pas mais qui doit vous entraîner. Je laisse pousser les films comme des herbes folles”. Pour Pascal Mérigeau du Nouvel Observateur “Les herbes folles”, “C’est un peu, en cent minutes, tout ce que le cinéma peut offrir”. Sans aller jusque là, il semblerait que le réalisateur français ait réalisé le film le plus inattendu, le plus créatif et le plus jeune de toute la sélection officielle, mais une nouvelle fois Resnais repart sans palme d’or. Quant à Charlotte, digne fille de son Gainsbarre de père, elle n’a pas fait semblant d’être actrice et décroche le prix d’interprétation féminine non contesté, dans Antichrist de Lars Von Trier, honni de tous. L’actrice de 37 ans a souhaité partager son prix avec le réalisateur et a ajouté : “il m’a permis de vivre d’expérience la plus intense, la plus douloureuse et la plus excitante” jusqu’à présent. Après le grand prix du jury offert au Prophète, grand chouchou de la critique, de Jacques Audiard, il était entendu que la palme d’or allait être attribuée à Michael Haneke, cinéaste autrichien dont Isabelle Huppert est une des actrices fétiches avec Juliette Binoche. Il semble que le 62e festival de Cannes fut fortement marqué par sa présidente, à tous les niveaux, jusque dans le choix de celui ou celle qui remettrait la palme d’or, sans commentaire !

“Antichrist”, conte d’une déprime cinématographiée

Vendredi 22 mai 2009

charlotte-gainsbourgLe cinéaste danois Lars Von Trier est de retour à Cannes pour la huitième fois. Palme d’or pour “Dancer in the Dark” en 2000, il revient en compétition avec “Antichrist”, joué par seulement deux acteurs, Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg. “Je me trouvais dans une profonde dépression, il y a deux ans. C’était dur, et il a été pour moi comme une thérapie, le film est le résultat de cet effort”. Ce film nous plonge dans l’univers sombre du cinéaste danois et conte l’histoire d’un couple bergmanien endeuillé pas la perte d’un enfant. “Antichrist est, je crois, très romantique, proche de l’univers d’Egar Allan Poe”, c’est un peu comme “Le cri de Munch”, mais rien de franchement religieux, du reste “Ma religion, c’est le cinéma”. “Tourner “Antichrist” pour moi, c’était une véritable expérience”, a confié Charlotte Gainsbourg, “C’est quelque chose que je ne revivrai pas de si tôt. Je savais que c’était spécial…De toute façon, je savais bien que les gens détesteraient ! “. Certes le film d’un dépressif en pleine dépression économique a sûrement quelque chose de déprimant. La critique ne pouvait qu’être critique et les spectateurs horrifiés. Mais Lars Von Trier dirigeant Charlotte Gainsbourg, voilà déjà deux bonnes raisons de découvrir une œuvre certainement profondément originale, donc déroutante. Après tout, l’un des objectifs de toute œuvre d’art n’est-il pas de déranger ?