Articles taggés avec ‘Jean Rochefort’

L’artiste et son modèle sur nos écrans en noir et blanc

Mercredi 13 mars 2013

Ce film de Fernando Trueba, est avant tout l’histoire d’un désir familial. Le metteur en scène espagnol souhaitait depuis des années tourner ce film qui narre l’ambiance et l’espace de travail de son frère Marc. Mais après bien des années et des difficultés pour imposer ce choix, son frère disparait en 1996 et c’est alors, croit-i,l un coup de frein définitif pour ce projet qu’il souhaiter lui faire partager. Par chance l’entêtement est souvent mère de création artistique et Fernando s’approchant de l’âge de son héros, le besoin de ce film devint à nouveau impérieux. Voilà ce qu’il en dit: “Il était nécessaire que j’aie le temps d’acquérir un vécu suffisant pour pouvoir raconter l’histoire de Marc.”

Curieusement, celui qui a été choisi pour interpréter le rôle de Marc Cros, Jean Rochefort, semble ici nous livrer avec ce film une sorte de testament d’une carrière. Quant à sa muse, la belle Aida Floch, c’est un rayon de lumière comme tout modèle qui inspire un chef-d’œuvre, une œuvre ultime, et donne envie à un artiste en panne d’inspiration l’envie de se remettre au travail. Si ce film a tout pour nous faire penser au couple Picoli Béart dans le superbe film de Jacques Rivette, La belle Noiseuse, avec un traitement en noir et blanc fait de demi teintes, nous sommes loin de ce court magistral de peinture. Ici nous assistons à la genèse de ce qui est fait pour durer pour dépasser l’artiste, une sculpture, magnifiquement mis en lumière et en image par Daniel Viar. Voilà un hommage précieux à un frère disparu,  nommé 13 fois au Goya, qui mérite toute notre attention.


Fernando Trueba,

Terry la lose

Mardi 15 septembre 2009

terry-gilliamIl y a quelques fois des projets maudits. Le futur ou le probable Don Quichotte de Terry Gilliam en est l’illustration type. Le sort s’acharne sur “The Man Who killed Don Quichotte” ou “L’homme qui tua Don Quichotte”, dans la langue de Molière. Le casting à l’origine de rêve tourne au cauchemar ! Après les pilotes de l’armée de l’air espagnol qui survolent le plateau, les orages voilà le désespoir. Jean Rochefort, qui avait pris des cours d’anglais pour l’occasion, est rapatrié d’urgence en France à cause d’une double hernie discale, l’empêchant de monter à cheval. Fâcheux, quand on doit jouer Don Quichotte. Son absence s’éternisant, le tournage est arrêté. S’en suit une bataille juridique entre investisseurs et assureurs qui durera six ans. Dernier coup du sort, voilà que Johnny Deep, qui devait tenir le rôle principal, vient de se retirer de la distribution, problème de surbooking. “Je veux tourner Don Quichotte l’an prochain. Vu qu’il n’est pas disponible et que nous sommes tous les deux d’accord sur le fait que je vais bientôt mourir, je pense qu’il ne faut pas attendre”, a expliqué Terry Gilliam avec un flegme so british. Cela mettra-t-il une estocade finale au funeste projet de Terry Gilliam ? A priori il en faut encore plus  pour décourager cet ex- Monty Python, qui depuis des années se bat contre des moulins à vent pour que son projet chimérique naisse. Rappelons tout de même que sur son dernier film “The imaginarium of DrParnassus”, l’acteur principal Head Ledger est mort avant que celui ci soit fini. Alors après  ça, que peut- il  faire si ce n’est  appel à candidatures. Il recherche en fait peu de choses, les acteurs et surtout le financement…Good luck Mr Gilliam !