Archive pour la catégorie ‘Nalair’

François Weyergans enfin près à devenir immortel

Jeudi 16 juin 2011

Pas simple de devenir immortel quand on s’assoie sur le fauteuil 32 de l’Académie Française. Pourtant le romancier franco-belge François Weyergans, élu au 3e tour de scrutin par 12 voix sur 23 exprimées, relève le gant, faisant fi de toute superstition, mais doucement. Depuis 2006, ce fauteuil était vacant. Alain Robbe-Grillet, qui devait succéder à Maurice Reims mort en 2003, refusait de porter le costume et d’écrire le traditionnel discours en l’hommage de son prédécesseur. Il meurt en 2008 alors que son intronisation était enfin programmée. Avant lui Robert Aron élu en 1974 est mort 6 jours avant son intronisation. Ne faut-il voir là qu’un triste concours de circonstances. Il n’en reste pas moins que le dit fauteuil a fort mauvaise réputation. Au grand dam de la secrétaire perpétuelle, Hélène Carrere d’Encausse , qui bataille depuis des années pour trouver un titulaire à ce fameux fauteuil, Weyergans, élu le 26 mars 2009, jouait jusqu’à ce jour un peu l’Arlésienne. Ce noctambule,  écrivain atypique, aime à prendre son temps, nul ne l’ignore, c’est de notoriété publique. Original jusqu’au bout,  Weyergans aurait bien souhaité en guise d’épée d’académicien,  un sabre de Samouraï. Ce type de fantaisie lui étant refusée,  il devra se contenter de l’épée hérité de Maurice Béjart, sur laquelle il a fait graver : ” Plus je pense, plus je pense”. Voilà qui donne le vertige! Quant à son habit vert, signée Agnès H, il n’était toujours pas près hier. Doit-on y voir un signe ? Souhaitons pour lui, qu’il prenne, comme il le fait si bien, son temps pour mourir, afin de  faire taire cette embarrassante malédiction qui poursuit le fameux fauteuil 32 de l’Académie Française.

Biolay, Pourquoi tu-pleures ?

Mercredi 15 juin 2011

Benjamin Bolay est bien entendu le tout premier rôle du premier long métrage de Katia Lewkowicz.  Dur este c’est simple,  sur l’affiche on ne voit que lui. Il est le centre d’intérêts et de tiraillements incessants d’un trio de femmes qui l’aiment, sa mère, sa sœur et sa promise. Il découvre avec joie l’enfer de la préparation d’ une cérémonie de mariage où tout semble être fait pour vous contrarier.  Ce long métrage est né d’un court réalisé par Katia Lewkowicz pour canal +dans le cadre “Écrire pour un chanteur”. Jean-Marie Dupont enthousiasmé par “C’est pour quand ?”, propose à la réalisatrice de développer un long dans le même esprit. Elle reprend donc Benjamin Bolay et Valérie Donzelli et se lance épaulé du tandem, Nicole Garcia et Valérie Devos qui fêtent leur retrouvailles sur grand écran, dans cette nouvelle aventure.  Bon point le film “Pourquoi pleures-tu ?” fut choisi pour clore la semaine de la critique à Cannes. Alors si vous raffolez de Biolay, victoire !  Il a fait aussi la musique…

Berlusconi encaisse une triple claque

Mardi 14 juin 2011

Décidément le Cavaleiri n’est plus en odeur de sainteté, les verts sont dans la place. Après une cuisante défaite aux municipales en mai, Silvio Berlusconi escomptait, pour ce triple référemdum, que les italiens fassent comme lui et partent en week end à la mer. Mais les gens sont contrariant, c’est peu de le dire. Non seulement les électeurs italiens ont voté mais en majorité contre ses projets. Face à ses mauvais résultats économiques et une monté en puissance du chômage, 57% des Italiens se sont mobilisés. Pour la première fois depuis 16 ans, pour ce genre de référemdum d’initiative populaire, non seulement le quorum fut  atteint  mais les propositions de Berlusconi furent rejetées à 90%. Plus question de revenir au nucléaire ni de privatiser l’eau, mais c’est surtout la fin de “l’empêchement légitime” qui lui permettait d’échapper en partie aux injonctions de la justice. Au lendemain de ce nouveau revers, Silvio Berlusconi devra être plus que jamais un fin stratège pour faire face au prochain vote de confiance au parlement  le 22 juin prochain. Faute de miracle, les transactions vont aller bon train pour rafermir et de remotiver toutes les alliances, comme celle de la ligue du Nord, qui en ont assez de ramasser des giffles.

Quand nos politiques déparlent humoristiquement

Lundi 13 juin 2011

Mais que se passe-t-il actuellement chez nos ex politiques, sont ils en mal de popularité ? Luc Ferry lance un pavé dans la marre et notre Corrèzien l’aurait-il imité ? Il semble surtout que la presse soit en manque de buzz permanent. Il est vrai que l’on a pas une affaire Ben Laden ou DSK tous les jours, alors on décortique, on brode… A priori l’humour de Jacques Chirac n’est pas de mise ni à droite ni à gauche, et surtout dans l’ère sarkozienne. Ce qui est dit est dit, et cochon qui s’en dédie. Ce message qui a certainement un côté subliminal a fait mouche, mais montre bien dans quel désarroi se trouvent les politiques de part et d’autre. 2012 va être une curieuse campagne où ne cesseront de pleuvoir petits mots assassins et coup bas.  Les Limousins ne manquent pas d’humour et la Corrèze en est. Il est bien évident que les hommes, qui ont été amené à se croiser souvent et à s’observer dans leur parcours politique,  s’apprécient certainement. Voilà aussi,pour Jacques Chirac, un bon coup de pub pour la sortie du deuxième tome de ses mémoires, où en fait tout est écrit. Notre humoriste du week end a certainement perdu la mémoire et sait très bien que dans son deuxième recueil,  il écornait sérieusement l’image de Nicolas Sarkozy et tressait des louanges à François Hollande. Mais est-ce là un bien grand mystère ? Il fallait le dire, il l’a fait, et l’humour n’ est-il pas  le véhicule parfait pour dire des vérités  l’air de rien qui  font mouche ?

Let’s Recap

Dimanche 12 juin 2011

Le Brésil humilie l’Italie en libérant Battisti

Samedi 11 juin 2011

Pour une fois toute la classe Italienne est d’accord. La libération de Battisti, 59 ans, est vécue comme une véritable humiliation pour l’Italie toute entière. Le Président de la République Italienne, Giorgio Napolitano, d’ordinaire si discret a lui aussi parler d’une “profonde déception”. C”est un concert d’indignations qui a accueilli la décision du ministre de la justice Brésilien d’accorder à Cesare Battisti le statut de réfugier politique. On se souvient que le dernier acte politique de Lula, le 31 décembre 2010, fut justement de refuser l’extradition de l’ancien activiste, considéré en Italie comme un meurtrier en cavale depuis 1981, année de son évasion des geôles italiennes. Quant au chef de gouvernement de centre droit Silvio Berlusconi, qui a exprimé sa “vive amertume”, il a décidé de contester cette décision et de faire appel à la cour internationale de justice de Haye. La procédure peut être longue et sans suite, mais c’est certainement pour marquer le coup. De toute manière si Battisti ne quitte pas le Brésil en principe il ne risque rien. A priori si un nouveau sujet de polar politico judisciaire s’offre à Battisti, entre le Brésil et l’Italie, question diplomatie, le torchon brûle .

Au Yémen la crise s’intensifie

Vendredi 10 juin 2011

Suite au bombardement de la mosquée de son palais le président du Yémen Ali Abdallah Saled, 69 ans, aurait été blessé et se serait rendu à bord d’un avion médicalisé saoudien à Rijaf en Arabie Saoudite pour se faire soigner. Les rènes du pouvoir ont été confiées au vice président Abd-Rabbu Mansour Hadi, qui assume aussi le contrôle de l’armée. Mercredi de violents affrontements ont eu lieu à Sanaa entre partisans et opposants  du président qui refuse toujours d’abdiquer malgré les pressions internationales. Ali Abdallah Saled gouverne depuis 33 ans et s’accroche au pouvoir. Un communiqué a précisé qu’il allait bien et qu’il était  près à reprender sa place. Pourtant le pouvoir s’affaiblit de jour en jour et soldats et policiers ont dû abandonner la ville de  Taëz, un autre fief de la révolte populaire, après une semaine de durs combats. La présidence perd pied à cause de nouvelles défections au sein de l’armée. Ce fut récemment le cas du général Yahia al-Hachedi de la 33e division blindée qui a rejoint les insurgés. La communauté européenne,   a décidé de rappatrier ses ressortissants. L’Allemagne  vient de fermer son ambassade. Le peuple souhaiterait qu’un gouvernement de transition soit former pour mettre fin à la présidence de Saled. Mais là encore, comme en Lybie, tout reste à faire.

Jorge Semprun a clos l’ultime chapitre de sa vie

Jeudi 9 juin 2011

L’homme de culture et le politique Espagnol profondément européen, Jorge Semprun avait décidé de devenir écrivain alors qu’il n’avait que 7ans. Il vient de s’éteindre à l’âge de 87 ans. Il avait quitté l’Espagne à 13 ans en 1936 pour fuir le Franquisme, sans pour autant renoncer à sa nationalité. Déporté à Buchenwald en 1943 pour son action dans la résistance française. En parlant de cette période,  il disait : ” j’ai donc décidé d’abandonner l’écriture pour choisir la vie”. La littérature reviendra en force en 1963 avec Le grand voyage. Il évoquait son retour  à la littérature ainsi : ” je suis sorti de l’oubli pour rentrer dans l’angoisse” . Pour le cinéma, il fut l’adaptateur et dialoguiste de Z et de L’aveu de Costa Gavras, mais aussi celui de La guerre est finie d’Alain Resnais. Il disait que dans sa famille on était soit écrivain soit politicien, il fut les deux. Il fut en effet ministre de la Culture et disait : ” j’ai eu un bilan mitigé je le sais “, mais il ajoutait: “la vie n’est pas parfaite, on le sait, elle peut être un chemin de perfection”. En reprenant Roland Dubillard il affirmait non sans un teinte d’humour noir : ” Je suis certain que ma mort me rappellera quelque chose”. Seul lui pourrait à ce jour nous le confirmer.

Jean-Marc à la barre de American Translation

Mercredi 8 juin 2011

Violence et perte d’innocence c’est un choix pas message du tandem des réalisateurs de American Translation. Ce peut faire penser à la fuite éperdue de Bonnie and Clide, c’est l’Eros et le Thanatos, pulsion de vie et de mort de deux êtres sans repères qui cèdent à leurs pulsions vitales. Jean-Marc Barr et Pascal Arnold décrivent leur cinéma comme “physique presque organique dans sa dynamique de la captation”. Voilà un tueur “ordinaire” auquel on peut s’identifier facilement, mais les metteurs en scène ne cèdent pas à montrer l’aspect spectatulaire des meurtres. Les rôles ont été écrit sur mesure pour les acteurs Pierre Perrier et Lizzie Brocheré qui interprètent un couple amoureux et meurtrier. Ce sont des habitués du couple de réalisateurs qui collaborent maintenant depuis plus de 10 ans et ont même fondé la société de production Toloda. Co écriture, co réalisation et co production, la totale,  voilà un duo de choc qui propose son nouveau film American Translation, un film réaliste, sorte de polar émotionnel en prise directe avec notre époque ou la violence s’est totalement décomplexée.

Borloo arme fatale du centre droit ?

Mardi 7 juin 2011

Jean-Louis Borloo se veut le rassembleur du centre droit tous azimuts pour détrôner Nicolas Sarkozy Ier de l’UMP. Réussira-t-il là où François Bayrou a lamentablement échoué avec son Modem. Si Borloo tente de fédérer et prend contacts avec Hulot, Lepage et Villepin, c’est qu’il sait, bien évidemment, que l’union sera sa force. Maintenant il n’est pas simple de galvaniser les ambitions personnelles et convaincre qu’il est l’unique arme fatale de la discorde annoncée dans une droite qui se fracture. C’est un fait avéré, l’UMP ne fait plus recette en tant que parti de la chance et de la voie unique. Un nouveau cancer ronge et affaibli son centre droit. Une question demeure à l’heure qu’il est : Jean-Louis Borloo  viendra-t-il à bout de l’homme providentiel autoproclamé depuis 2007, ou cédera-t-il aux voix des sirènes élyséennes? Il faut dire que Nicolas Sarkozy lors du dernier remaniement de gouvernement s’est trouvé devant un choix cornélien entre Fillon et Borloo. A priori le président craignait plus son ex et nouveau premier ministre qui était présenté par les sondages de l’époque comme un futur challenger fatal. La campagne présidentielle promet bien des manigences en tous genres et les coups vont voler bas, très bas, pas besoin de madame Soleil pour prévoir  ce qui est une évidence.