14 ans après Monica Lewinsky le retour
Samedi 29 septembre 2012Celle que Bill Clinton appelait Kiddo (la gamine) a aujourd’hui 39 ans, diplômée d’un master de psychologie social, Monica Lewinsky a dû fuir à Londres où elle se retrouve célibataire et sans travail. Une maison d’édition offre à celle qui défraya la chronique en 1998 et 1999 et obligea Bill Clinton a faire des excuses publiques, 9,3 millions d’euros pour un nouveau livre relatant de façon plus torride une histoire qui dura de 1995 à 1997. Monica Lewinsky promet un cocktail de révélations, sur celle que Bill surnommait ” le poisson froid”, Hillary Clinton, la cocue magnifique, mais aussi sur les aspects des goûts sexuels de son amant et les lettres d’amour qu’elle lui adressait. Voilà une revanche bien tardive pour une ex stagiaire à la maison blanche qui n’a jamais pu rebondir. Doit-on sourire, doit-on s’offusquer ? Peu importe une seule chose est évidente, le sexe et l’argent font toujours bon ménage mais les divorces ne sont pas franchement ragoutants. Les femmes sont fascinés par les hommes de pouvoir et les usent jusqu’à la corde…



Un jeune congolais évoque” l’interférence de la Banque mondialeà propos de contrats passés avec la Chine”, et demande ce qu “Monsieur Clinton pense de cette situation, à travers les mots de Madame Clinton. Sur les nerfs , Hillary Clinton qui n’entend parler que de son mari et des félicitations unanimes après la libération de deux journalistes américaines détenues en Corée du Nord, lance un véritable missile au malheureux. “Vous voulez que je vous dise ce que pense mon mari ? Mon mari n’est pas secrétaire d’Etat, c’est moi. Si vous me demandez mon opinion je vous donnerai mon opinion. Je ne parlerai pas à la place de mon mari.” En fait l’incompréhension serait venue d’une erreur de traduction, mais la réaction outragée d’Hillary en dit long. Elle passe en plus pour la reine des gaffes, elle n’en rate pas une. Evoquant les problème que rencontraient les Nigérians avec leurs élections la secrétaire d’Etat, devant un parterre de militants associatifs, évoque les problèmes rencontrés par les Américains en 2000 : “Nous avons eu des problèmes dans certaines de nos élections. Vous vous souvenez qu’en 2000 l’élection s’est jouée dans un Etat dont le gouverneur était le frère d’un des candidats à l’élection présidentielle. Donc nous avons nos problèmes aussi”. Les Républicains ont apprécié la comparaison. En juillet, elle déclarait que l’Iran construisait une gigantesque ambassade au Nicaragua. “Vous pouvez imaginer ce à quoi cela pourrait servir” ajoutait-elle. En fait, selon le Washington Post, il ne s’agissait que d’une rumeur qu’elle avait oublié de vérifier. La plus énorme gaffe c’est en mai 2008 quand elle a évoqué un possible assassinat de son rival. Lors d’un entretien avec un journal du Dakota du Sud elle rappelle : “Mon mari n’a pas empoché la nomination en 1992 avant (…) la mi-juin. Et nous nous souvenons tous que Bobby Kennedy a été assassiné en juin [1968], en Californie”. Et dire qu’Hillary aurait pu être la première présidente des USA, après Busch, nous aurions atteint des sommets.


L’homme ne manque pas de costumes. Homme politique avant tout, considéré comme une ombre embarrassante dans les primaires d’Hillary, il est aussi conférencier, sans oublier sa facette militant humanitaire. Il devient même négociateur en Corée du Nord… Depuis la fin de son mandat, l’ancien président occupe une place à part, sur la scène politique de son pays. Après son départ de la Maison Blanche, Bill Clinton donne des conférences grassement rémunérées, entre 100 et 300 000 dollars…chacune. En 2007, cela lui a rapporté plus de 40 millions de dollars. Grand seigneur, il reverse 31 millions de dollars à sa fondation. Clinton a comme tous ses prédécesseurs crée sa fondation, qui, comme c’est l’usage, est dévolue aux causes humanitaires. Bill Clinton ne veut certainement pas renoncer à son pouvoir d’influence, il n’a que 55 ans et tous les espoirs d’avenir lui sont encore permis. Pour les primaires il faisait de l’ombre à la candidature de sa femme. “Bill Clinton est en lice pour un troisième mandat” résume un éditorialiste dans Vanity fair. Dernier événement en date, l’ancien président s’est rendu récemment en Corée du Nord dans le but de faire libérer deux journalistes américaines retenues là-bas. C’est un succès, affirme Washington, mais pour qui ? Certainement pour Pyongyang, qui ainsi a obligé les USA à revenir à la table des négociations. Cela illustre la diplomatie très habile de la Corée du Nord dont Bill fut le jouet.