Tim Burton fête Halloween
Mardi 30 octobre 2012Quoi de mieux pour fêter Halloween cette année que d’aller voir la dernière création de Tim Burton, son magnifique film d’animation Frankenweenie. Il aura fallu attendre 25 ans pour voir ce projet éclore sur vos écrans. Passionné depuis toujours de films d’horreur, Franckenstein est bien entendu un personnage appartenant à son panthéon créatif surtout s’il est interprété par Boris Karloff dans le superbe film en noir et blanc de James Wale. Pour Tim Burton, l’animation est en quelque sorte un retour à la source puisque quand il a travaillé pour les studios Disney. Dans ce cadre, il avait déjà réalisé en 1984 un court métrage de Frankenweenie. L’aspect autobiographique n’est jamais bien loin, c’est pourquoi le chien n’est autre que celui qui endeuilla sa petite enfance. Fort de ses ingrédients, sans omettre un clin d’oeil aux classiques à la littérature gothique, ce sorcier noir du 7e art nous a concocté dans sa marmite magique un long de Frankenweenie avec des marionnettes plus vraies que nature. Voilà une nouvelle facette aboutie de la mythologie Burtonienne qui rend hommage aux animaux, à consommer sans modération !



Pas si simple de faire de la récupération même pour le célébrissime groupe Disney. Pourtant tous les ingrédients étaient là pour ce conte de fée version nouvelle Cendrillon afro-américaine. Quel chemin parcouru depuis Blanche Neige? Nous avons eu depuis Jasmine, Pocahontas et Mulan, mais pour la première fois chez Walt Disney, cette princesse est noire. Faut-il voir là encore un effet Obama ? Comme par hasard, elle vit à la Nouvelle Orléans, ville de colons français, surnommés “mangeurs de grenouilles” et baigne dans une atmosphère Jazzie près du spectre de l’ouragan Katrina. Pour faire bonne mesure, parmi les stars qui assurent le doublage, on compte Oprah Winfrey, grande prêtresse noire de la télévision US. Voilà un produit qui semblait bien ficelé ! Mais c’était sans compter sur la grogne palpable dans la communauté noire, en Angleterre comme Outre-Atlantique. Du coup Mady “La princesse grenouille” est devenue Tania “La princesse et la grenouille”. De nos jours plus question d’écrire, même un conte de fée, en toute impunité, il faut avant tout, Disney ou pas, montrer patte blanche.
Pixar s’affirme comme l’écurie reine incontestée de l’animation mondiale. Dans “Là-Haut”, film de Pete Docter, qui a réalisé entre autre Monstres et Cie, Carl Fredricksen, 78 ans, fait figure de gamin face à Charles Aznavour, 85 ans, sa voix française. En quelques minutes, Pixar synthétise : joies, peines, espérances et regrets d’une vie ordinaire, place ensuite à l’aventure à la Jules Vernes ou à la Conan Doyle. Certes Pixar revendique son héritage animalier de Disney des débuts mais il a l’art de s’affranchir des contes de fées conservateurs pour produire ses légendes contemporaines et moralistes. Il semble que Pixar repose sur une formule aussi simple qu’efficace : “l’art et la manière” ! Pour le même prix, dans la version française, il nous offre une autre façon d’écouter, la voix de ce maître, notre indétrônable crooner arménien. Charles Aznavour prouve, une fois de plus, qu’il n’a pas encore dit son dernier mot et défraye une nouvelle fois l’actualité qui le voyait déjà à la retraite, un style on ne peut plus original de changer d’air.