Les jeunes et les matraques sont de sortie
16 octobre 2010Curieusement, un accord se dessine dans cette lutte contre la réforme des retraites. Le gouvernement et les manifestants sont enfin d’accord : le mouvement s’amplifie et les cortèges se rajeunissent. Les jeunes ont soudain pris conscience que non seulement cette affaire les touchera à terme mais que dès à présent elle occulte tout espoir de décrocher un premier emploi rapidement. Cette évolution de la contestation déplait au pouvoir en place même si François Fillon exclut toujours et encore toute concession et déclare que le gouvernement est “décidé à mener à son terme la réforme”. Autre dérapage qui entache et risque de radicaliser le mouvement : les bavures policières. Un lycéen de 16 ans a été blessé par le tir de flashball d’un policier. Place de la Bastille à Paris, deux journalistes de Canal + et de TF1 ont été matraqués. Il semble qu’il soit plus risqué de brandir sa carte de presse qu’une matraque en ces jours de fronde. Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans Frontières, avoue n’avoir “jamais vu ça”. Pendant ce temps, la réforme des retraites des parlementaires est ostensiblement mise aux oubliettes. Souhaitons que cela donnera du grain à moudre à une presse outragée et qu’elle réservera à son tour quelques retours de bâtons.
Mandela converse avec lui-même
15 octobre 2010Evénement littéraire dans 22 pays, Nelson Mandela publie “Conversations avec moi-même”, préfacé par Barack Obama et traduit en 20 langues. Mêlant l’intime et l’histoire, ce nouveau livre rassemble des documents étalés sur plusieurs décennies. On peut y retrouver des extraits de ses lettres écrites durant ses 27 ans de captivité qu’il a récupérées seulement en 2004. Il décrit là, au fil des phrases et des mots ,ses doutes, ses erreurs, et aborde d’un oeil critique l’idéalisation dont il fait l’objet. Mandela chercher à casser, dans ce nouvel ouvrage autobiographique, une image de lui qu’il estime surfaite. Pour cela il n’hésite pas à lancer à la face du monde : “Je ne suis pas un saint… Je ne l’ai jamais été, même si l’on se réfère à la définition terre à terre se on laquelle un saint est un pêcheur qui essaie de s’améliorer”. Le prix Nobel de la paix nommé par l’archevêque Desmond Tutu, “l’icône mondiale de la réconciliation”, cherche à se réconcilier dans ses écrits en toute humilité avec sa dimension humaine et les affres qui y sont liés. Voilà une démarche aussi peu ordinaire que celle d’avoir quitté le pouvoir après un unique mandat en 1999 alors qu’il avait tout loisir d’y rester.
Extraction de mineurs chiliens en mondiovision
14 octobre 2010Un challenge technologique hors du commun pour extraire 33 mineurs chiliens coincés depuis plus de deux mois. Sous les conseils d’une missions de la Nasa, les chantiers navals de la marine chilienne ont conçu et fabriqué un véhicule adapté à ce défi. La nacelle Phénix est devenue l’ascenseur le plus médiatisé du monde. Trois Phénix ont été construites, peintes en blanc, bleu et rouge aux couleurs du drapeau chilien, pourtant seule Phénix 2 est active. Ce cylindre métallique de 4 mètres de long, 53 centimètres de diamètre pesant 450 kilos, est treuillé par une grue en surface. Le trajet de Phénix 2 prend 15 minutes mais en fait il faut une heure en moyenne pour extraire un mineur. Les mineurs devront porter des lunettes de protection spéciales pour ne pas subir de dommages occulaires de retour à la lumière. Pour cette opération, comme le souligne le Président Chilien, Sebastien Pinera, “Sans comparaison dans l’histoire de l’humanité”, la Presse se presse. De la mine san Jose plus de deux mille journalistes filment cette renaissance en direct et en mondiovision. Un événement,toutes proportions gardées, aux premiers pas de l’homme sur la lune.
Arthur 3 fin d’une trilogie
13 octobre 2010Besson, l’homme orchestre, signe Arthur 3 La Guerre des Deux Mondes qui met fin à sa trilogie et pour cela il a écrit spécialement un roman. Ce dernier volet a été tourné simultanément avec le précédent, afin qu’entre ces deux épisodes, l’acteur Fredie Highmore ne grandisse pas trop d’un film à l’autre. Certains d’entre vous ont peut être déjà vu ce film, puisqu’il était déjà sorti dans 225 salles en exclusivité le 22 août 2010, baptisé pour l’occasion “Arthur Day”. C’est à croire que Besson n’arrête jamais, cette année il avait déjà sorti au mois d’avril Adèle Blanc-sec. Un homme pressé aux multiples casquettes, il est scénariste, réalisateur, producteur, distributeur et cette fois en plus écrivain. La machine Besson & C°c’est avant tout des techniciens attitrés qui le suivent de film en film, comme son assistant-réalisateur Stéphane Gluck, son directeur de la photographie, Thierry Argogast, mais aussi son compositeur Eric Serra. C’est aussi une incroyable entreprise qui pour cette trilogie a employé 700 personnes différentes. Arthur 3 est le film français le plus cher, jamais tourné en France, avec un budget de 68,83 millions d’euros. Le succès est au rendez-vous, Arthur c’est plus de 3 millions de livres vendus, 10 millions de spectateurs aux deux premiers volets et 2 millions de DVD. Besson nous fait vivre en live son rêve américain, et pour ce tournage il n’a pas hésiter à recréer une ville américaine des années 60 en pleine Normandie. Voilà un personnage qui n’a pas fini de nous étonner, imagination et création sont alliées à une force de travail inouïe, mais avant tout à un fabuleux sens des affaires.
Sur les traces de Pina Baush
12 octobre 2010
Pina Baush s’est éteinte voilà plus d’un an, le 30 juin 2009, et elle apparait pour la dernière fois dans le film documentaire d’Anne Linsel qui lui est consacrée. La très célèbre danseuse et chorégraphe allemande ne verra jamais ce long métrage. Ce film est né lors des répétitions de la troisième version de la pièce Kontakthof, que Pina Baush voulait réaliser avec des adolescents de 14 à 17 ans. Anne Linsel avait obtenu, compte tenu de la nécessité de protéger les jeunes danseurs, l’ exclusivité de tourner pendant les répétitions. Le film, Les rêves dansants, sur les pas de Pina Baush, relate donc l’ultime travail de la chorégraphe avec 46 danseurs provenant de 12 écoles différentes. Ce tournage a duré une année et le jour de la première, Pina Baush a demandé que ce moment ne soit pas tourné, comme si elle voulait garder ces dernières minutes comme un ultime échange. Tout d’abord vexée, la réalisatrice explique qu’après elle avait compris et à postériori lui donne raison. Elle raconte : “Pina les remercia de porter sa création au travers du monde. Elle avait les larmes aux yeux. Pina Baush avait crée le spectacle Kontakthof une première fois en 1978 avec les danseurs de sa compagnie Tanztheater de Wuppertal, l’avait repris avec des amateurs en 1999. Ces derniers sont venus pour cette dernière version donner aides et conseils aux adolescents. Voilà un moment intense à ne pas rater pour tous les amoureux de danse, une merveilleuse et unique occasion de revoir cette grande chorégraphe au travail.
Un Nobel au fond d’une éprouvette éprouvante
11 octobre 2010
A l’âge de 85 ans Robert Edwards inaugure la nouvelle saison des Nobels 2010, en recevant le 4 octobre le prix Nobel de Médecine. Il est le trentième britannique à obtenir le Nobel de Médecine. Il a été récompensé “pour le développement du traitement de la fécondation humaine in vitro, ayant permis de traiter la stérilité qui affecte une large proportion de l’humanité et de 10% des couples du monde”. Plus de 30 ans après la naissance du premier bébé-éprouvette, Louise Joy Browne, née le 25 juillet 1978, Robert Edwards est enfin mis à l’honneur. Il avait avec son collègue gynécologue Patrick Steptoe, décédé en 1988, donc inéligible, mis au point ce traitement qui depuis Louise a permis à 3,75 millions d’enfants de voir le jour. Il y a encore quelques années il avait été “traité de fou”. Martin Johson dont Edwards fut le mentor déclare : “Il a persisté malgré des années de dénigrement, il a amené obstétrique et la gynécologie à l’âge moderne”. Comme le veut la coutume, il lui sera remis officiellement un chèque d’un montant de 1,09 millions d’euros, le 10 décembre 2010, jour anniversaire de la mort du fondateur suédois de ces prix, Alfred Nobel.
Let’s Recap…récapitulons
10 octobre 2010La littérature française perd un de ses géants
9 octobre 2010Il était considéré comme le peintre du malheur et de la pauvre condition humaine, celle des paysans, des ouvriers et de mariniers. Pâtissier, bûcheron, lutteur de foire, des métiers qui furent ses universités. Il aimait la vigne, les bons repas, les terroirs et la noblesse de l’âme. Il laisse une œuvre à sa carrure, près de 100 ouvrages, essais, poésie, autobiographie mais aussi 40 romans parmi lesquels des sagas puissantes comme “les colonnes du ciel” ou “grande patience”. Il déclarait en toute humilité n’être qu’un autodidacte soutenu par Hervé Bazin et Marcel Aymé. Il avait obtenu le prix Goncourt en 1968 pour “les fruits de l’hiver”, et fut élu à la prestigieuse académie en 1971. En 1977 il en démissionna, en déclarant “200 livres à lire, je n’en étais pas capable”. Anticonformiste, militant engagé dans la défense de la paix et des droits de l’homme, il refusa deux fois la légions d’honneur. Il partageait sa vie avec la romancière canadienne Josette Pratte qui fut sa première lectrice mais aussi une critique redoutable. “Elle m’a fait réécrire sept fois Maudit Sauvage et deux fois Le soleil des morts” pestait-il . Bernard Clavel vient de s’éteindre à l’âge de 87 ans et avec lui un géant de la littérature française contemporaine.
La société générale fait payer un lampiste
8 octobre 2010
Le président de la 11e chambre, Dominique Pauthe a condamné Jérôme Kerviel, pour faux et abus de confiance, à 5 ans de prison dont 3 de prison ferme et à payer la somme astronomique de 4,9 milliards d’euros. Dans sa grande mansuétude, le tribunal correctionnel de Paris a épargné à l’accusé de s’acquitter d’une amende prévue à cet effet, en payant au trésor public 375 000 € . Tout le monde s’étonne, surtout dans le milieu de la finance mondiale, que la Société Générale, dans cette affaire, passe pour une simple victime et ne soit en rien déclarée responsable. Faire de l’ancien tradeur un exemple soit, il est coupable, mais dédouaner son employeur de toute responsabilité, alors qu’il y a eu un contrôle défaillant, pour ne pas dire inexistant. La société Générale a vu son image écornée, c’est vrai, Daniel Bouton fut contraint de démissionner, mais curieusement Christophe Mianné, supérieur de Kerviel, fut seulement rétrogradé sur le papier, jugé incontournable par le nouvel état major. Les lampistes payent toujours le prix fort, mais là pour donner une idée de l’ampleur de la charge, il faudrait, à raison de 1000€ mensuel, 401 000ans pour mettre un terme à cette affaire.Voilà, comme le souligne François Bayrou, que la justice française prend le chemin de la tradition juridique américaine qui condamne à 150 ou 200 ans de prisons. Carole Guillaumin responsable de la communication de la Société Générale a déclaré, fort astucieusement, qu’une telle somme ne serait pas demandé à Jérôme Kerveil, mais que serait négocié le montant des dommages et intérêts, après l’ appel de ce dernier fait qui tombe sous le sens.
Sans vouloir crier avec les loups, il est fort probable que Jérôme Kerviel paye là, son attitude hautaine et froide, à la limite du cynisme.











