Voir le Pouvoir sur grand écran
Mercredi 22 mai 2013
Aller voir en salle obscur les ors de la République et le Pouvoir au quotidien, c’est un challenge. En plein festival de Cannes sous des trombes d’eau, il faut oser franchir le pas, même si l’apriori n’est pas simple. Ce fabuleux documentaire de Patrick Portman sur une musique de Michel Portal est incontournable sur grand écran. La critique dans l’ensemble est plutôt bonne et ce film le mérite, mais voilà un tel film peut-il avoir un public ? Cela n’a rien à voir avec le film sur Sarkozy présenté lors du 65e festival de Cannes. Ici nous sommes face à un véritable travail sur la transparence autant que faire se peut. Du reste le réalisateur déclare : “François Hollande, dans un souci de transparence, n’a imposé ni censure, ni retouche aux monteurs du film. Bien sûr, l’équipe de tournage n’a pas eu accès aux couloirs de l’Élysée 24h/24, mais il était rare que le Président leur refuse de filmer une réunion ou un déplacement.” On peut le taxer de film de propagande, c’est avant tout un film sur la communication, celle qui passe si mal depuis des lustres de pouvoir entre les hommes de pouvoir et ceux qui l’on porté au pouvoir.
L’initiative est intéressante. Il est important de voir ce documentaire sur grand écran, plutôt que de se satisfaire de l’unique regard critique de la presse au pouvoir. C’est un documentaire remarquable à voir absolument, que l’on soit pour ou contre l’homme qui exerce le Pouvoir, ce qui est important c’est de déplacer le regard et observer comment et dans quel cadre un président dit normal ou pas opère au quotidien et comment.



Jean-Paul Cluzel, ex PDG de Radio France, s’explique : “Je l’ai vu trop rarement…pour lui faire la leçon?…Que tout Radio France tourne autour de Stéphane Guillon, je veux bien mais…” Il semble convenir que les rubriques acides du chroniqueur ont joué un rôle déterminant dans son éviction. Mais élégant, Cluzel refuse qu’on résume l’affaire ainsi. “Mon sucesseur, Jean-Luc Hees qui est journaliste, trouvera les règles de l’humour, hein? ” La mise en garde pour l’humoriste est à peine cryptée. La question est : Peut on rire de tout dans le service Publique? La liberté, consiste à faire tout ce permet la longueur de la chaîne, comme l’a dit Cavanna. Ce n’est pas nouveau que l’on est l’humour de son rédacteur en chef ! Que Guillon brocarde Dominique Strauss-Kahn ou Martine Aubry cela reste des opposants , mais qu’il s’en prenne au Président c’est une autre histoire. L’Elysée n’a pas transigé à cette provoc’ de trop du 1er avril. Raymond Devos l’avait dit ” Le rire est une chose sérieuse avec laquelle on ne plaisante pas.” Guillon a franchi la ligne jaune, un fusible saute, le PDG Jean-Claude Cluzel paye cash cette entourloupe. C’est un fait indégniable, Nicolas Sarkozy a bien une politique révolutionnaire, parce qu’à l’évidence les têtes tombent.
Beau parleur nous le connaissions, mais là, Nicolas Sarkozy se surpasse. “Il ne peut plus y avoir d’économie, sans morale, donc il ne peut plus y avoir de parachute doré, ni bonus ni distribution d’actions…dans une entreprise qui reçoit une aide de l’Etat”. Blablabla bla! Qui peut encore le croire ? Il justifie même le maintient du bouclier fiscal, comme une juste récompense à la réussite dans une socièté moderne et généreuse comme la nôtre. Ca se voit tous les jours un peu plus, que le modernisme tue, insécurise, jette à la rue. Le parachute doré, il est vrai c’est comme le bouclier fiscal, une idée acceptable en cas de formidables réussites, mais la version existe aussi pour les loosers, c’est top non! Gagnant, gagnant toujours gagnant, les gros salaires lèvent le doigt… Beaucoup se sont enrichis en prévoyant par contrat leur parachutage doré sur tranche, quoiqu’ils fassent ou défassent. Les sondages, notre président s’en tape, de notre opinion aussi du reste. Parler d’ouverture contre “la pensée unique” (la sienne sans doute), au moment même où il nomme et parachute sa garde rapprochée sur tous les postes clés, à ce niveau, c’est du machiavélisme, bravo ! Les chiffres parlent et sont sans appels : 79 900 demandeurs d’emploi supplémentaires en février, 48% des français ont une mauvaise opinion du Président. Nicolas Sarkozy autiste est reparti en campagne électorale. Dépêchons nous! s’écrie-t-il, de tout détruire, comme cela, il nous restera à reconstruire, allons plus vite plus fort, dans le mur le plus proche ! C’est la crise, il est vrai, mais celle qui guette sera pire. Une véritable crise de nerfs sociale, désespérée et généralisée, enfin espérons le !
Montagné et Douillet se sont toujours montrés proches de l’UMP, mais quant à intégrer la nouvelle direction du parti, il n’y avait qu’un pas, il est franchi. Sous la direction de Xavier Bertrand, nouveau secrétaire général, Gilbert Montagné se verra confier le secrétariat national au Handicap et David Douillet celui des Sports. Certes ils sont, l’un et l’autre, totalement dans leur élément, mais il faut bien voir en ces nominations une manière de faire une certaine diversion médiatique, au moment où le PS vole la vedette aux sarkozistes sur tous les médias. Leurs couacs à répétitions et leurs guerres intestines ne cessent de faire couler de l’encre à flots. Il est vrai que le PS depuis quelques temps emploie la politique de l’urne brûlée. Le maire de Lyon, Gérard Collomb, désabusé a même dit sur les ondes “il faut vraiment être de gauche pour continuer à être au PS”. En bien ou en mal, il faut faire parler de soi ! Nicolas Sarkozy, le Président grand gourou médiatique sait de quoi il parle. Quant à Nadine Morano qui a toujours dit-on le mot pour rire, elle n’hésite pas à dire sérieusement ” Ce n’est pas un choix people. C’est un enrichissement très fort de notre parti.” Franchement si ça continue la langue de bois l’étouffera.
Nicolas Sarkozy nomme François Pérol à la tête de la futur banque composée de la fusion de la Caisse d’Epargne et de la banque populaire. l’Etat aurait à terme 20% du capital de ce nouveau groupe. Le chef de l’Etat affirme que “La commission de déontologie a eu l’occasion de donner son point de vue, il sera rendu public”. En réalité la dite commission aurait pu appouver une telle promotion d’un des conseillers du Président, si elle avait été au courant, cela ne fait aucun doute. A priori elle aurait été avertie, du même coup nous aussi. “L’Elysée aurait tort de s’en priver, nos critères sont souples”, indique un membre de la dite commission qui de toute façon entérinera l’affaire le 11 mars prochain, lors de sa future session. Là encore nous assistons à un jeu de chaise musicales. Xavier Musca, directeur du Tésor, succédera à François Pérol, et sera lui même remplacé par Ramon Fernandez, énarque de 41 ans, originaire du Trésor, ancien “dircab” de Xavier Bertrand au ministère du Travail. Nicolas Sarkozy a dit, la commission fera ce qu’on lui dit , Pérol dirigera en étant dirigé de l’Elysée. Tout va très, tout va très bien!
La Guadeloupe submergée par la violence après des semaines de grève. Yves Jégo, le secrétaire de l’outre-mer, oiseau voyageur pris entre deux avions et entre deux réalités souvent inconciliables. En France on dit que tout finit par des chansons. Dorénavant c’est toujours la même rengaine,celles des réunions- marathon en attente du champion. Ce Président tribun, de dimension hors classe, questions négociations, qui passe d’un dossier à un autre avec le même aplomb, “tellement il sait parler, tellement il est fort, tellement il est doué”. Il est celui qui refait le monde, du moins pour l’instant le notre, l’homme de toutes les crises, même de nerfs. En fin de compte il réglera à sa manière, si particulière là encore, le dossier de l’outre-mer. Elie Domota, le leader et porte-parole du LKP déclare : “Nous sommes très clairs : M. Sarkozy a fait une intervention, M. Fillon en a fait une, ce qui nous intéresse c’est le contenu : nous le connaissions déjà depuis le 28 janvier (…) Nous irons vérifier ce qui est caché derrière ce qu’on nous annonce”. Bon courage !
