Un surcis pour Silvio Berlusconi

16 décembre 2010

Mardi 14 décembre, Silvio Berlusconi, 74 ans, chef de la droite italienne depuis 16 ans, échappe de peu à une motion de censure, initié par un ancien allié Gianfranco Fini, président de la Chambre des députés, rejetée par 314 voix contre 311 et deux abstentions. Quelle érosion quand on sait qu’en 2008 après sa victoire aux législatives, “Il Cavaliere” disposait d’une majorité de 100 sièges à la chambre basse. En revanche quelques heures plus tôt au Sénat, il obtenait un vote de confiance par 162 voix contre 135, grâce à l’appui de son allié, la Ligue du Nord. “La journée d’aujourd’hui marque le début de la fin de votre empire de carton-pâte. Vous êtes arrivé au terminus”, a lancé Antonio Di Pietro, chef du Parti Italie des valeurs(IDV). Silvio Berlusconi a sauvé son gouvernement et son poste de président du conseil, mais la crise politique continue en Italie et ne peut que s’aggraver. A l’annonce du maintien par le parlement de Berlusconi, les rues de Rome ont connu des scènes de véritable guérilla urbaine. Dans de telles conditions, sans nouvelles alliances et avec une majorité aussi faible, il semble peu probable que Silvio Berlusconi aille au terme de sa législature dans deux ans et demi.

Dujardin, Un balcon sur la mer

15 décembre 2010

Après 4 ans d’absence et pour son 7e film, Nicole Garcia a placé en partie à Oran, sa ville natale, sous forme de flashbacks, l’histoire d’Un balcon sur la mer. La réalisatrice signe là, un mélange de Thriller et de quête sentimentale, d’où émanent la subtilité des parfums nostalgiques de l’enfance. Le scénariste, Jacques Fieschi,  explique : “Par essence , l’enfance c’est forcément un temps perdu…l’Algérie permettait de donner un tour d’écrou supplémentaire au sujet, dans la mesure où la société oranaise d’avant 1962 a totalement disparu.” La critique semble s’accorder à souligner que le choix de Jean Dujardin et Marie-Josée Croze, dans les rôles principaux, est certainement la plus grande réussite du film. Si, Un balcon sur la mer , compte tenu de quelques longueurs, ne semble pas être le meilleur cru de la réalisatrice il n’en reste pas moins un film très personnel à caractère universel. Si vous êtes un amoureux des films français, voilà une manière de sortir des sentiers battus des grosses productions de cette fin d’année, afin de passer un très agréable moment.

Promesse de don de Mark Zuckerberg

14 décembre 2010

17 juin 2010, les deux Américains les plus riches, Warren Buffet et Bill Gates, ont lancé un appel aux milliardaires du monde entier, afin de les inviter à donner la moitié de leur richesse à des œuvres caritatives, soit au cours de leur vie, soit à leur mort. Ils fondèrent le mouvement “Giving Pledge” (Promesse de don), qui regroupaient jusqu’à présent 40 membres. Pour montrer l’exemple, Warren Buffett s’est engagé à donner 99% de sa richesse, plus de 47 milliards de dollars, à des œuvres caritatives. Dix-sept nouveaux milliardaires viennent de rejoindre le “Giving Pledge”, parmi lesquels on note la présence de l’illustre et tout jeune Mark Zuckerberg. Il s’agit bien entendu du créateur de Facebook, personnage plutôt controversé, héros du film “The Social Network”, dont l’actuelle fortune est estimée à 6,9 milliards de dollars. Ce jeune milliardaire déclare : “Les gens attendent tard dans leur vie professionnelle pour rendre un peu de ce qu’ils ont reçu… Mais pourquoi attendre alors qu’il y a tant à faire?” On peut toujours se demander si Mark Zuckerberg a bien rejoint ce groupe pour les vertus qu’il se donne, ou est-ce là une manière de redorer son blason en se donnant bonne conscience dans ce mouvement philanthropique ?

L’extrême Marine le Pen

13 décembre 2010

Marine le Pen, en pleine campagne pour la succession de son père opposée à  Bruno Gollnisch, n’a pas hésité à montrer son vrai visage. Vendredi à Lyon, en évoquant la Seconde guerre mondiale, elle a dénoncé “les prières de rue” de musulmans jusqu’à les comparer à une sorte “d’occupation”, sans “blindés” ni “soldats”. Elle semble recourir à la technique du dérapage verbal comme l’avait fait son père jadis, osant dire que l’holocauste était un “détail” de l’histoire. C’est évident qu’actuellement s’est engagée une surenchère entre l’UMP et le FN qui veut récupérer son électorat détourné par Nicolas Sarkozy en 2007. Du reste au premier rassemblement de l’UMP, convié par Jean-François Copé, on n’ a pas manqué d’évoquer le “danger électoral” lié à la remonté du FN. Pour l’UMP le meilleur moyen d’y répondre est “un retour à fond” aux fondamentaux de la droite et à ses valeurs, notamment “la fermeté”. Cela fait froid dans le dos quand on sait que la gauche socialiste est encore principalement préoccupée par la désignation au primaire du futur challenger de cette horde.

Let’s Recap…récapitulons

12 décembre 2010

Le prix Nobel de la chaise vide

11 décembre 2010

La remise du prix Nobel de la Paix à Oslo, a lancé un froid avec la Chine qui en décolère pas. En effet, il y avait une chaise vide lors de la cérémonie pour symboliser l’absence de Lui Xiaobo. Pour rencontrer un cas similaire, il faut remonter à 1936, avec le pacifiste Carl von Ossietzky, emprisonné par le régime nazi. Rappelons que le jour de Noël 2009, le dissident chinois Liu Xiaobo a été condamné à 11 ans de prison pour “subversion du pouvoir de l’État”. Cet ancien professeur de littérature de 54 ans, avait déjà été emprisonné après la répression de juin 1989. Tout est entrepris par Pékin pour tenter de faire oublier cette cérémonie. De nombreux signataires de la Chartes 08, manifeste pro-démocratique, sont en résidence surveillée et tous les sympathisants interdits de quitter le pays. La Chine a même lancé une véritable campagne pour dissuader de nombreux pays de cautionner l’évènement par leur présence. Pour couronner le tout, Pékin vient de créer le prix “Confucius pour la paix”, remis à l’ancien vice-président Taïwanais Lien Chan, pour ses efforts en faveur du rapprochement entre l’île rebelle et la Chine. Inutile de préciser qu’entre la Norvège et la Chine règne actuellement un froid diplomatique polaire.

Le non événement de Cantona

10 décembre 2010

L’appel d’Eric Cantona à vider les comptes en banques a fait long feu. Sur la page dédiée du réseau social Facebook, qu’ont fait en réalité les 40 000 volontaires ? Rien ! Peut être ont-ils essayé d’affirmer une défiance virtuelle à l’encontre du “système” bancaire, ou tout simplement ont-ils pris ça pour un jeu. Passer de la virtualité à la réalité, il y a un gouffre. Il ne fut pas franchi et l’opération fut un flop retentissant. On a le sentiment d’avoir vécu un gros canular ultra médiatisé, avec en frontispice un Cantona qui surjouait. Il ne s’est rien passé de plus qu’a l’accoutumé dans les banques ce mardi 7 décembre. Y croyait-il vraiment quand on sait que lui-même n’a fait qu’un retrait symbolique et discret à Pétrone ? La révolution, selon Cantona, ressemble à un immense buzz qui s’est dégonflé comme un malheureux ballon de baudruche, un lendemain de fête.

Un procès pour l’Histoire

9 décembre 2010

Après une interminable attente,vient de s’ouvrir mercredi à Paris , un procès pour juger 13 membres de l’ex-junte chilienne et un argentin, jugés pour les disparitions e 4 Français ou Franco-Chiliens, dont Gérard Klein, un conseiller de Salvator Allende. L’accusation porte sur les “arrestations, enlèvements, séquestrations arbitraires avec torture ou actes de barbarie”. Ce sera un procès “à valeur symbolique et historique considérable”, assure Me Willam Bourdon, l’un des avocats des familles. Ce procès se déroulera sans la présence des accusés, absents, puisque le Chili n’extrade pas ses ressortissants. Mais voilà une nouvelle possibilité de dresser une “photographie judiciaire à peu près exhaustive de l’appareil de répression mins en place par le général Pinochet”. Rappelons qu’Augusto Pinochet, bien que mis en cause dans cette procédure en 1998, n’aura donc jamais à répondre en justice des crimes commis sous sa dictature. Il est mort libre en 2006 à 91 ans au Chili.

Holiday, un film pas de tout repos

8 décembre 2010

Un week-end qui tourne au cauchemar. Parti pour sauver son couple, après une nuit dégentée, Michel Trémois (Jean-Pierre  Darroussin) se retrouve accusé de meurtre et sa femme a disparu. Voilà très simplifiée la trame du dernier film de Guillaume Nicloux, Holiday. Avec ce onzième film, le réalisateur plus habitué aux polars, a fait cette fois ci le choix de tourner une comédie noire. Sorte de “Cluedo entre Algatha Christie et Feydaux”, l’intrigue se passe en huit clos, dans le château du Mercuès, décor d’un hôtel, avec une BO de Julien Doré. Un grand rôle encore une fois pour le talentueux Jean-Pierre Darroussin, drôle et décalé à souhait par son physique et son jeu comparé par certains critiques à celui d’un “Mister Bean qui parle”. Le scénario est émaillé de situations cocasses à répétition doublées d’une avalanche de blagues, quelques fois prévisibles, et cela jusqu’à épuisement. A vous de juger !

Deux présidents pour la Côte d’Ivoire

7 décembre 2010

Au terme du second tour des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, la commission électorale indépendante (CEI) a crédité Alassane Ouattara de 54,1% des voix, ce qui fait de lui le nouveau président en titre. A cette annonce de nombreux pays et organisations internationales félicitent le nouvel élu. Coup de théâtre, le conseil constitutionnel désavoue le vote pour fraude et proclame alors la victoire du chef d’Etat sortant. Dans la foulée une cérémonie d’investiture est organisée et retransmise en direct à la télévision nationale. Des protestations internationales s’élèvent. L’ONU, les États Unis et la France entre autres demandent à Laurent Gbagbo de respecter le vote démocratique. Fort de l’allégeance le l’armée, il refuse en bloc le désaveux de la communauté internationale et notamment de l’ONU. Il déclare : “J’ai observé quelques exemples graves d’ingérence… Notre souveraineté est quelque chose que je vais défendre”. Voilà 10 ans que la Côte d’Ivoire n’avait pas connu d’élections démocratiques, à priori leur organisation vient de se conclure par un abus de pouvoir que l’on peut qualifier de coup d’État. Thabo Mbeki mandaté par l’Union africaine pour tenter de trouver une solution pacifique juge le situation “grave, très grave”. Actuellement le pays a deux présidents mais aussi deux premiers ministres et le bras de fer continue.